la chartedélices/malices

Version du 29 octobre 2026.
Cette charte dit ce qu'est délices/malices : la communauté que nous réunissons, l'expérience que nous proposons, le cadre qui la rend possible et les limites que nous nous donnons. Elle s'impose à toutes celles qui font vivre délices/malices et à ses partenaires : aucune décision, activité, publication, convention ni communication ne peut lui être contraire.
1. Ce que nous sommes
délices/malices, c'est la 1ʳᵉ communauté saphique consciente : des événements sensibles, tendres & complices pour les femmes qui aiment les femmes.
Nous sommes une communauté de femmes saphiques, et un collectif d'artistes-facilitatrices, les tinsha — celles qui tiennent l'espace, en marquent les seuils, et veillent à l'intégrité des événements, au confort et à la sécurité émotionnelle de toutes.
Nous sommes aussi toutes celles sans qui rien de cela n'aurait lieu : celles qui portent la maison d'une saison à l'autre ; les angèles, qui, à leurs côtés, veillent pendant nos événements sur la sécurité émotionnelle de chaque participante ; les bénévoles, qui accueillent, installent, décorent et rangent. Elles comptent autant que celles qui facilitent, parce qu'un accueil attentif, un regard qui remarque celle qui se met en retrait et un lieu préparé avec soin font partie du dispositif de sécurité au même titre que la facilitation.
Nous sommes enfin une communauté du troisième millénaire, distribuée, qui s'appuie consciemment sur tout le potentiel des outils de son temps : c'est l'objet de la section 4.
Ensemble, nous créons des espaces facilités : des lieux où l'on entre en relation en dehors des dynamiques sociales habituelles, avec des outils ancrés dans la conscience relationnelle et la lenteur.
Un espace de lien authentique dans l'écoute, le soin & la conscience du corps. Une bulle de magie, de joie et d'appartenance dédiée à toutes les malicieuses, avec ou sans expérience, célibataires ou en couple, de tous âges et toutes orientations.
Notre démarche est relationnelle, artistique et communautaire. Nous nous retrouvons autour de pratiques corporelles, relationnelles et créatives, et de valeurs communes : l'authenticité, l'émotion, le soin, la communauté, la tendresse. Ensemble, nous cultivons un sens de la célébration et de la beauté, et co-créons des espaces qui explorent d'autres manières d'être en lien, d'habiter le corps et de penser le monde.
Notre manière d'y aller tient en une phrase : explorer la rencontre autrement — en prenant le temps, en écoutant le corps, en laissant le lien se tisser pas à pas.
2. Un club, une maison, un refuge
délices/malices vit comme un club social : une maison où l'on revient, où l'on se reconnaît d'une date à l'autre, et où chacune trouve sa place — sur le dancefloor, dans le coin chill & câlin ou autour d'un coussin, à papoter. On y vient pour la rencontre sous toutes ses formes : une conversation qui compte, une amitié, une complicité qui dure, parfois une histoire d'amour. Tout lien qui naît chez nous est le bienvenu ; aucun n'est attendu. Une connexion intensément platonique y a autant de puissance et de magie qu'une rencontre plus romantique.
C'est aussi un refuge : une « oasis » entre femmes aimant les femmes, un cocon où l'on peut venir déposer ses armures — sans masque, sans pression, sans jugement, et sans rien d'obligatoire. Tu peux venir même si tu es timide, hésitante, maladroite ou pleine de questions. Viens exactement comme tu es : c'est précisément pour cela que cet espace a été créé.
Ce refuge n'est pas une promesse en l'air. Il tient à un cadre, à des femmes formées pour le tenir, et à des règles qui protègent ; c'est l'objet de ce qui suit.
3. Un laboratoire du sensible
délices/malices est aussi un lieu de recherche. Au cœur de nos espaces vivent trois questions, que chacune se pose pour elle-même :
c'est quoi — pour moi — être une femme ?
être une femme qui aime les femmes ?
entrer en lien avec une autre femme ?
Nous voyons nos événements comme un laboratoire du sensible où chacune peut venir déposer ses armures pour se demander, en toute vulnérabilité, ce que ces questions veulent dire pour elle. Ce laboratoire ne délivre pas de réponses : le féminin y est une question vivante et non une définition figée, sans essence à retrouver ni modèle de la bonne manière d'être femme. Il y a des femmes, chacune avec son histoire, et une recherche menée ensemble depuis l'expérience vécue.
délices/malices est un projet féministe — par ce qu'il rend possible plutôt que par ce qu'il proclame — et contribue ainsi à une culture saphique vivante. Le manifeste de délices/malices, texte de sa créatrice, en développe le sens ; il est distinct de cette charte et n'en fait pas partie.
4. Une communauté du troisième millénaire
délices/malices est une communauté du troisième millénaire : elle utilise consciemment tout le potentiel des outils de son temps, et elle le fait avec un cadre.
Nous sommes une communauté distribuée — distribuée, et non décentralisée. Il n'y a pas de centre dont dépendraient des antennes : chaque cercle, à Marseille, à Paris, en ligne et demain ailleurs, porte en lui la maison tout entière. Rencontres en ligne et événements en chair et en os se répondent, et chaque malicieuse s'y retrouve chez elle.
Ce qui rend cela possible, c'est un modèle commun et les outils qui le portent. Le modèle, c'est notre manière de faire : nos formules, notre direction artistique, nos valeurs, notre façon de tenir un espace. Il est porté par un réseau de tinsha formées et habilitées, et par une plateforme technologique qui leur permet d'organiser, d'accueillir et de relier. Au cœur de cette plateforme, des systèmes d'intelligence artificielle transmettent le modèle sans l'abîmer : ils aident chaque tinsha à préparer une rencontre, à la faire connaître, à garder la même voix et la même beauté d'une ville à l'autre.
C'est là que réside la puissance du concept : une maison qui peut grandir partout où des femmes ont envie de se rencontrer, sans cesser d'être elle-même. Notre ambition est claire, en France et au-delà : dans un monde où la liberté d'aimer et de vivre comme on l'entend n'est jamais acquise, et recule parfois, faire de délices/malices un refuge résilient et solide, capable de grandir et de durer.
Cette puissance a son éthique, qui fait partie de notre identité au même titre qu'elle. L'intelligence artificielle sert la rencontre ; elle ne la remplace jamais et ne décide jamais à la place des personnes. Ce qui engage quelqu'un — habiliter une tinsha, accueillir une bénévole, répondre à une difficulté — reste une décision humaine, prise par les personnes qui en ont la charge. Ce qui se vit et se partage dans nos espaces n'est confié à aucun outil sans le consentement des personnes concernées, et nous ne fabriquons jamais l'image ni la parole d'une malicieuse. C'est ce cadre, inscrit dans le modèle lui-même, qui permet à la maison de grandir sans se perdre.
5. Qui sont les malicieuses
Cet espace saphique est ouvert à toutes les femmes attirées par les autres femmes — que tu sois lesbienne, bi, pan ou juste curieuse. L'âge n'est jamais un critère de sélection, et les participantes ont généralement entre 25 et 55 ans. Les événements sont adaptés aux personnes célibataires ainsi qu'aux personnes venant en couple.
Nous nommons celles que nous accueillons par ce qu'elles traversent ou ce qu'elles ont envie d'apporter, jamais par une catégorie.
Les grandes débutantes. Tu n'as jamais participé à un cercle de femmes ou à un atelier de connexion ? C'est l'endroit parfait pour commencer. Tout est expliqué de A à Z par notre facilitatrice.
Les timides et les introverties. Ici, pas besoin de faire la conversation ou de « performer » socialement : les exercices te guident pas à pas, et tu as toujours le droit de simplement observer.
Celles qui veulent explorer leurs limites. Si tu as parfois du mal à dire « non », à savoir ce dont tu as envie, ou si tu as tendance à t'oublier dans la relation à l'autre, cet espace est un formidable terrain de jeu (et de douceur !) pour t'entraîner à poser tes limites en toute sécurité.
Celles qui cherchent la douceur sans la pression. Tu as simplement envie de ralentir, de boire un thé, de faire de belles rencontres et de te laisser porter par un cadre bienveillant, sans aucune attente ni enjeu.
Les malicieuses, ce sont aussi celles qui font vivre la maison et lui donnent sa couleur.
Celles qui créent. Tu écris des poèmes, tu composes, tu chantes, tu joues d'un instrument, tu dessines, tu photographies, tu danses, tu brodes ou tu inventes des mondes ? Notre communauté est profondément créative, et ta sensibilité y a toute sa place. Rien ne t'est demandé pour autant : ni scène à conquérir, ni talent à prouver. Si l'envie de partager une création te vient, elle sera accueillie ; sinon, ta présence suffit.
Celles qui savent tenir un espace. Tu sais créer la bonne ambiance, accueillir, mettre les autres à l'aise, faire circuler la parole ou guider un groupe ? Nous cherchons en permanence des animatrices et des facilitatrices. Selon ce qui te ressemble, tu peux devenir angèle, aux côtés des tinsha, ou suivre la formation qui mène à l'habilitation de tinsha.
Celles qui veulent s'impliquer. Tu as envie de contribuer, à ta mesure, à faire grandir une culture saphique vivante : accueillir, installer, décorer, faire connaître nos rencontres, porter une idée nouvelle ? Les bénévoles sont le cœur battant de délices/malices, et chaque engagement compte, du plus ponctuel au plus régulier.
Celles qui cherchent leur communauté. Tu viens d'arriver dans une ville, tu sors d'une histoire, tu te poses des questions, ou tu as simplement envie d'amitiés qui te ressemblent ? Ici, on revient d'une date à l'autre et on se reconnaît : c'est un club, une maison, un refuge.
Comme pour tous nos événements, aucune expérience préalable n'est requise. Que tu sois extravertie ou plus timide, célibataire ou en couple, tu es la bienvenue avec tout ce que tu es.
L'harmonie de notre collectif repose sur le respect, la responsabilité individuelle et le soin apporté aux liens. Chaque participante est invitée à contribuer à un espace où les limites, le consentement, la diversité des vécus et la sécurité émotionnelle de chacune sont pleinement respectés.
6. Le cadre d'accès
Le relâchement profond qui fait la signature de nos espaces repose sur un concept clé : la cohérence somatique. La somatique désigne l'expérience directe du corps vécu de l'intérieur. Il ne s'agit pas ici de critères biologiques, mais d'une réalité phénoménologique : habiter un corps de femme tisse un rapport au monde et une réponse nerveuse spécifiques. Pour que la régulation nerveuse opère collectivement, le groupe doit partager une réalité somatique et une expérience vécue commune : c'est ce que nous appelons la cohérence somatique.
Ainsi, pour préserver notre cadre, l'accès à nos événements est ouvert :
— aux femmes cisgenres ;
— aux femmes transgenres qui ont entrepris ou achevé leur transition sociale et médicale ;
— aux personnes non-binaires « alignées femme » et nées femmes.
Nous ne posons ni barrière ni critère au-delà : ce qui compte pour nous n'est pas l'achèvement d'un parcours ni un acte en particulier, c'est d'habiter un corps de femme et de le vivre comme tel, sur un chemin de transition engagé. Nos espaces sont des espaces de corps habillés ou en tenue confortable ; nous demandons à chacune une présentation corporelle en accord avec ce cadre commun, et nous en parlons volontiers en privé avant une première venue.
Nous concevons que ce choix de non-mixité ne convienne pas à tout le monde — et nous l'entendons pleinement. Il existe aujourd'hui de nombreux espaces queer ou FLINTA (femmes, lesbiennes, intersexes, non-binaires, trans, agenres) aux positionnements larges et ouverts. Notre proposition se veut différente et complémentaire : une « alchimie » particulière, une « chambre à soi » collective, un cocon spécifique qui ne peut exister que sous ces conditions précises.
Ce cadre peut être précisé ou élargi comme le reste de cette charte. Le restreindre ne se fait jamais à la légère : une place ouverte à une femme ne se reprend pas sans que la communauté en ait débattu.
7. Ce qui fait l'expérience
Il y a quelque chose de magique dans ce qui se vit chez nous, et nous l'assumons : une bulle de magie, de joie et d'appartenance. Cette magie n'a rien d'un hasard. Elle tient à quatre qualités, et une activité qui les perd n'est plus un événement délices/malices.
La lenteur. Le temps long est notre vrai luxe. Rien ne se précipite : la confiance s'installe avant la proximité, et le lien se tisse pas à pas, au rythme de chacune.
La progressivité. On n'entre pas chez nous par le plus grand format. On entre par celui qui te demande le moins, et on monte à ton rythme — ou on n'en bouge jamais, c'est très bien aussi. Dans chaque format, on commence par faire connaissance, par le jeu, l'écoute et le mouvement ; ce n'est qu'une fois la complicité bien ancrée dans le groupe que viennent les propositions plus intimes, et aucune séquence n'arrive sans avoir été expliquée. Il n'y a jamais d'impératif d'aller vers plus d'intimité.
Le choix, à chaque instant. Ici, tout est une invitation : tu choisis quoi vivre, comment, avec qui et avec quelle intensité. Participer, observer, ralentir, se retirer : ce sont toutes des participations. Le toucher n'est jamais implicite, et changer d'avis est toujours possible, sans avoir à se justifier.
La beauté. La beauté n'est pas un décor : des lieux d'exception, une scénographie pensée, des bulles hors du temps. Le lieu, la lumière, la musique et le soin des détails font partie du dispositif de sécurité : un espace beau et préparé dit à celles qui entrent qu'elles sont attendues, et c'est ce qui permet de déposer ses armures.
Nos formules montent en intensité comme un escalier dont chacune choisit la marche. Aujourd'hui, elles vont de l'afterwork, où l'on vient juste voir, à la BOUM, à l'atelier découverte et au de cœur à cœur, puis à la malicieuse initiation et aux délicieuses explorations ; la pajama party est notre soirée entre nous, et les espiègles escapades nos retraites de plusieurs jours. Nous pouvons aussi proposer des ateliers de rencontre, sur le modèle du speed dating, tenus dans le même cadre que tout le reste.
8. Un espace facilité
Chez délices/malices, les rencontres ne reposent ni sur l'improvisation, ni sur la pression sociale. L'expérience se vit dans ce que l'on appelle un « espace facilité » : un cadre relationnel guidé avec soin, pensé pour que tu puisses t'engager en toute confiance.
Un ancrage en douceur. Chaque événement débute par un cercle d'ouverture. C'est un temps pour atterrir, partager sa météo intérieure et déposer ses limites du jour.
Une guidance bienveillante. Notre facilitatrice tient l'espace. Elle en marque les seuils, ouvre et clôt les séquences. C'est elle qui propose des invitations progressives pour entrer en lien (par le jeu, l'écoute, le mouvement) et qui garantit l'intégrité de l'expérience.
Le consentement comme boussole. Chaque proposition est expliquée clairement et implique un consentement explicite. Ici, tout est une invitation : tu choisis quoi vivre, comment, avec qui et avec quelle intensité.
Ta souveraineté absolue. Rien n'est jamais obligatoire. À tout moment, tu restes libre de participer, d'observer simplement ou de te retirer pour respecter ton rythme. Les personnes venant en couple peuvent d'ailleurs choisir de vivre l'expérience uniquement à deux, dans leur bulle.
Ce cadre crée un espace de confidentialité et de responsabilité collective. Il te permet de relâcher la pression, de t'écouter pleinement et d'explorer la relation avec douceur et authenticité, sans aucune attente ni jugement.
Celle qui tient l'espace s'appelle la tinsha. Son nom fait écho aux ting-sha, ces petites cymbales himalayennes dont le son marque un seuil mieux qu'une parole. Chaque tinsha est formée et habilitée par la maison : elle tient un cadre relationnel, elle ne soigne pas. Elle n'est jamais seule pour le tenir : à ses côtés, les angèles veillent sur la sécurité émotionnelle des participantes, et les bénévoles sur l'accueil et le lieu, chacune agréée par la maison.
9. Les piliers du prendre soin
Le cadre tient aussi parce que chacune s'y engage. Ces cinq piliers s'écrivent à la première personne : chaque malicieuse les fait siens en entrant. Le consentement est notre langue commune.
1. Je viens comme je suis. Je m'autorise à être, simplement. Mes états d'âme, mon rythme, ma vérité, mes limites — rien n'est à justifier ici. Tout de moi est le bienvenu. Je n'ai rien à prouver. Je m'autorise à recevoir autant qu'à donner : parce qu'être nourrie, soutenue, reliée est un droit, pas une récompense.
2. Je prends soin de mon corps et de mon rythme. Mon corps a le droit de bouger, de se reposer, de dire stop. Mon rythme est légitime. M'étirer, boire, sortir prendre l'air font partie intégrante de mon bien-être ici. Je n'ai pas à attendre les pauses pour juste m'arrêter, passer aux toilettes ou me faire un thé. Je peux interrompre une interaction à tout moment si c'est trop intense ou si je me sens fatiguée ou inconfortable.
3. Je respecte les limites — les miennes et celles des autres. Dire « non », « pas maintenant » ou « je ne sais pas » est non seulement permis, mais encouragé. Le toucher n'est jamais implicite. Avec lenteur et conscience, je m'assure du consentement avant tout contact, j'écoute, et je respecte sans insister. On avance au rythme de chacune.
4. Je respecte l'espace du silence. Je m'exprime depuis mon vécu, j'écoute sans projeter. Je partage à la première personne, depuis ce qui est vivant dans mon corps, et j'écoute sans chercher à prendre le contrôle : sans interrompre ni vouloir corriger, comparer ou sauver. Je fais confiance au silence, comme espace de communication, et je ne cherche pas à le remplir systématiquement. J'honore les invitations au silence de la facilitatrice pour soutenir l'intégrité de l'espace collectif.
5. Je prends soin de la communauté. Je veille à préserver la confidentialité et l'intégrité de ce qui se partage ici. Je prends la responsabilité de mes émotions, j'accueille ce qui émerge avec curiosité et douceur, sans projeter sur l'autre ce qui m'appartient. Je pratique une parole impeccable : je refuse de nourrir les rumeurs ou de parler des autres en leur absence. En cas de tension ou de malaise avec une participante ou une facilitatrice, je nomme ce qui se passe et je m'engage activement dans une démarche de restauration du lien en m'appuyant sur les outils et canaux mis en place par la communauté.
10. Les règles de nos espaces
Chacune de ces règles porte son motif : elles protègent, elles n'interdisent pas pour interdire. Elles valent dans nos espaces en ligne comme dans nos lieux : sur le serveur de la communauté s'appliquent la même confidentialité, le même consentement et le même respect, et le cercle du lien peut être saisi de ce qui s'y passe.
Ponctualité — les portes ferment au cercle d'ouverture, afin de préserver le cadre posé ensemble : qui arrive après ne peut plus rejoindre l'événement.
Sobriété — nos espaces sont exempts d'alcool et de substances pouvant altérer l'état de conscience, sur place comme en amont, parce que le cadre repose sur la présence de chacune à elle-même.
Intimité — délices/malices est un espace de relation authentique et de tendresse consciente, et non de recherche sexuelle. Par respect pour la sécurité émotionnelle de toutes et l'intégrité du cadre, la sexualité et la nudité totale sont hors cadre de nos espaces.
Confidentialité — ce qui est partagé, vécu ou observé reste dans la salle et ne se diffuse pas à l'extérieur sans le consentement explicite des personnes concernées.
Téléphones & images — l'usage du téléphone est limité ; aucune photo ni vidéo sans l'accord explicite de toutes les personnes concernées, parce que chacune doit pouvoir se laisser voir sans craindre d'être montrée.
Respect du cadre — les propositions sont toujours des invitations : tu peux en faire moins, ralentir ou t'arrêter à tout moment, mais il n'est pas possible d'aller au-delà de ce qui est proposé, afin de préserver le cadre commun.
Respect du lieu et de l'équipe — l'équipe est là pour prendre soin du cadre et des personnes ; sa présence et ses indications participent à la qualité de l'expérience pour toutes.
Tout comportement portant atteinte à la sécurité, à l'intégrité ou au consentement d'une autre personne peut entraîner une exclusion immédiate, décidée par l'équipe organisatrice.
Et lorsque quelque chose s'est mal passé — un geste, une parole, un malentendu, une blessure —, le cercle du lien peut être saisi, par celle qui l'a vécu comme par toute autre personne qui en a connaissance. Il écoute, il propose un chemin, il ne juge pas et n'impose aucune rencontre. Nulle n'est tenue de réparer, de pardonner ni de se retrouver face à quelqu'un ; et nulle ne sera jamais dissuadée de s'adresser à qui elle veut, à l'intérieur comme à l'extérieur de la maison.
11. Ce que délices/malices n'est pas
Nommer nos limites protège autant que nommer nos intentions. Ces exclusions font partie de l'identité de la maison et ne se lèvent pas au cas par cas.
Ce n'est pas un cadre de soin, de thérapie ni d'accompagnement psychologique. Nos tinsha tiennent un cadre relationnel, nos angèles veillent sur celles qui le vivent ; aucune ne soigne, ne diagnostique ni ne traite quoi que ce soit. Ce qui se vit chez nous peut faire du bien ; ce n'est pas pour autant un soin.
Ce n'est pas un espace religieux ou ésotérique. Nous ne pratiquons ni n'enseignons aucun « féminin sacré », et nous n'essentialisons pas le féminin. Notre vocabulaire est relationnel, artistique et communautaire, et il le reste dans tout ce qui est public ou institutionnel.
Ce n'est pas un espace militant. Nous ne portons pas de position partisane et ne parlons au nom d'aucun camp : nous parlons depuis l'expérience vécue, et la rencontre est notre seul mot d'ordre.
Ce n'est pas un espace mixte, ni un espace de performance, ni un lieu où il faut avoir quelque chose à montrer.
Enfin, ce n'est pas un espace de rencontre sexuelle. On peut s'y rencontrer, se plaire, s'aimer, et nous pouvons proposer des ateliers de rencontre façon speed dating ; mais ce qui s'y vit reste du côté de la tendresse, du jeu et du lien, dans le cadre que pose cette charte.
12. La langue de la maison
Notre voix est reconnaissable, et elle fait partie de ce que nous protégeons. La magie d'abord, le cadre aussitôt : chaque promesse porte son dispositif concret dans la phrase qui suit, et l'on ne promet pas une sensation sans dire ce qui la rend possible. Chaque règle porte son motif dans la même phrase : une contrainte expliquée est une protection, une contrainte nue est une interdiction. Chaque prix porte sa justification : le tarif ne paraît jamais seul, il dit ce qu'il paie.
Nous n'employons, dans nos espaces publics et institutionnels, aucun vocabulaire spirituel, ésotérique, religieux ou thérapeutique. Nous ne nommons jamais nos publics par une catégorie identitaire. Nous n'écrivons pas une date, un tarif, un lieu ou une jauge que nous ne pouvons pas tenir.
13. Ce qui ne se change pas seul
Cette charte énonce ce qui fait que délices/malices est délices/malices. Elle peut évoluer — une maison vivante n'est pas un musée — mais elle ne peut pas dériver sans que personne ne s'en aperçoive.
C'est pourquoi chaque modification est datée et portée sans délai à la connaissance de la communauté. Seule une restriction du cadre d'accès demande davantage : elle ne se fait pas sans que la communauté en ait débattu.
Et toute malicieuse peut signaler un écart qu'elle constate entre ce que délices/malices fait et ce que la charte énonce, en écrivant à team@delicesmalices.fr. Elle reçoit une réponse, et cette réponse est consignée.